Les quelques amis qui l’avaient déjà visité nous avaient prévenus : les fans de jeux vidéo n’y trouveraient pas leur compte. Et de ce coté là , je n’ai pas été déçu.
Ils nous ont dit que ça n’était pas plus grand que l’Espace-Turing. L’affirmation était un peu incompréhensible puisque l’expo à la Cité des Sciences occupe 1 000 m2 alors que l’Espace-Turing fait 150m2. Et effectivement, comme il s’agit d’un grand carré d’environ 30 mètres de côté, on n’a pas l’impression que ça soit très grand (un peu de calcul : la surface progresse comme le carré de la longueur du côté : 12m x 12m = 144 m2 ; 30m*30m = 900m2. Il y a donc bien 6 à 7 fois la surface de l’Espace-Turing, mais visuellement ça ne donne pas cette impression).
Ils nous ont également dit qu’il n’y avait pas plus de jeux qu’à l’expo Chahi que nous avons montée, l’Espace-Turing est Kernel-Panic. Ce n’est pas faux : les grosses installations prennent évidemment de la place, et la circulation des visiteurs nécessite des espaces libres. Les jeux sont souvent des créations originales, ils n’ont donc pas pu être multipliés comme on pourrait multiplier à moindres frais le nombre de postes avec des jeux du marché. Et on se demande si l’expo peut accueillir plus de 100 personnes à la fois au vu du nombre limité de dispositifs et d’informations (textes, objets, …)
RETRO vs INTELLO
On nous a dit qu’il y avait en France trop d’expos rétrospectives et historiques sur le jeu vidéo (ha bon ? Du point de vue parisien alors), et qu’on allait voir ce qu’on allait voir avec cette expo qui allait expliquer ce qui était au cœur du jeu vidéo. Ok. Mais du coup les quelques vitrines avec des machines et jeux anciens s’intègrent très mal dans l’ensemble. Il n’y en pas assez pour donner une profondeur au propos, et/ou les choix ne sont pas pertinents. Ca vient comme un cheveu sur la soupe par rapport à l’ensemble de l’expo, pour dire « regardez, on a aussi des vieux machins » . Par exemple la présence du « MO5 Platini » qui est complètement anecdotique. Et même le MO5 tout court, avait il sa place par rapport à d’autres ordinateurs plus emblématiques du jeu vidéo ou de créateurs français ? La présence du jeu Sonic est tout aussi étrange.
INSTALLATIONS/JEUX
Pour connaître un peu ce domaine et développer des expériences numériques mathématiques interactives, j’étais très impatient de manipuler l’installation sur le jeu de la vie. L’interface est très jolie, sur grande dalle tactile ça en jette, mais je trouve la saisie des conditions initiales mauvaise. Le simple fait qu’elle soit discontinue (lié à la discontinuité de la saisie de la position du doigt) pose un problème de fond au niveau du résultat et du gameplay. Ne pas pouvoir saisir un seul point pour compléter ou modifier une « figure » est aussi un problème. Au final c’est l’application Golly (gratuite et disponible sur iPad) en plus jolie, mais en moins manipulables. Dommage pour expérience liée au jeu vidéo.
Le pong électromécanique est inspiré du pongmechanik (http://www.cyberniklas.de/pongmechanik/index.html). Mais il a un lourd défaut : la balle ralentie à l’approche de la raquette. Sans doute un problème dans la solution (moteur/mécanique) adoptée pour bouger la balle, mais que n’a pas « pongmechanik" qui est plus simple et qui va plus loin dans la logique mécanique du dispositif (même les scoring sont électromécaniques).
Toutes les installations qui impliquent l’usage du corps sont très poussives et pas très précises Des fois on ne comprend pas très bien ce qu’on doit faire ou ce qu’on a fait (ça vous rappel rien ? Wii tennis bien sûr :D) . Ça n’a pas l’air de déranger les enfants qui s’éclatent, et c’est bien là l’essentiel pour un jeu, mais quand même.
Je suis ressortie de l’expo très mal à l’aise. Je n’arrivais pas à comprendre pourquoi. En fait, le problème venait de la scénographie, de l’usage de l’obscurité, et de la nécessité de se concentrer. Si l’obscurité de la salle d’arcade nous aide à plonger dans l’univers d’un jeu, ici ça ne fonctionne pas. C’est très joli, ça fait de jolies photos avec le quadrillage à la Tron pour buzzer sur le net, mais cette scénographie est très fatigante ; elle crée une certaine tension. Ça me rappelle l’état second des free parties, sauf que là j’étais au musée et qu’on me demandait de réfléchir sur le jeu vidéo, alors que dans une free party, je buvais, dansais, et que cet état second était le but recherché.
CONCLUSION
Vous me trouvez peut-être excessif dans ma critique.
Mais on ne parle pas d’une expo faite par des bénévoles avec quelques centaines d’euros. On parle de la cité des sciences, d’une expo avec un budget de 1,6 million d’euros, des professionnels payés pour développer des jeux et des installations. Et surtout on nous a annoncé l’expo référence dans le domaine, en se moquant un peu des expositions au contenu « historique ».
Au final le résultat n’est pas à la hauteur de l’ambition, et ne correspond pas à ce a quoi on aurait pu s’attendre en lisant le catalogue « la fabrique des jeux video » (qui est très bien fait et que je conseille à tous ceux qui veulent approfondir les questions sur et autour du jeu vidéo. Un très bon complément au catalogue de l’expo GameStory).
On ne peut pas penser une expo dans ce domaine comme s’il n’y avait pas 31 millions de joueurs en France, et prêt de 80 % des 10 à 65 ans qui jouent. Le parcours est trop décousu. La tentative de mise en perspective scientifique avec par exemple le jeu de la vie est trop déconnectée du reste, même si j’adore l’idée (il faut dire que c’est un peu la marque de fabrique de l’Espace-Turing depuis plusieurs années), et toutes les installations sont un peu comme ça, sans cohérence globale.
L’impression générale c’est que l’expo n’est pas allée au bout de la logique qui animait le projet. Du coup son propos n’est pas lisible.
Au final, GameStory reste pour moi l’expo référence dans le domaine. Les expériences vidéoludiques y étaient bien plus fortes et intéressantes. Et pour cause, on jouait à des jeux références au niveau des gameplay.
Et pourtant j’aurai aimé voir l’expo que les photos et le catalogue « la fabrique des jeux video » m’avait fait rêver.
Le samedi 23 novembre dernier, Eric Chahi, un des plus grands auteurs français de jeux vidéo, était l’invité de l’Espace-Turing et de l’association Kernel-Panic pour la 4ème édition des Journées Mondiales du Jeu Video.
L’auteur illustre de Another World, Heart of Darkness ou encore From Dust, a donné une conférence (la vidéo sera prochainement en ligne) et a inauguré l’exposition rétrospective de son travail ; 30 ans de création qui ont accompagné l’histoire du jeu vidéo depuis les premiers jeux sur ordinateurs familiaux au debut des années 1980, jusqu’aux jeux dématérialisés sur consoles « nextgen ».
Toute l’après–midi, les visiteurs on pu (re)jouer à l’ensemble des jeux vidéo de l’auteur ; voir des documentaires et interview ; découvrir les outils et simulations développé par Eric Chahi pour la création de ses jeux (l’éditeur vectoriel d’Another World ou encore la toute première simulation de fluide en mouvement pour From Dust basée sur des automates cellulaires.
Nous reviendrons prochainement sur le travail d’Eric Chahi et de l’évolution de son rapport au jeu vidéo : de l’écriture cinématographique d’Another World au gameplay de From Dust qui en fait un véritable « Scientific Gaming » (Serious Gaming).
Très gros coup de coeur pour le travail photographique de Laure Ledoux, portraits sur ambrotype issus du jeu « Fight Night ». Ils ’agit d’un projet réalisé lors d’une résidence dans le cadre de l’Observatoire des pratiques de création de l’image numérique (Obs/IN) à Arles.
Les reflets bleus sur les photos sont intentionnels de ma part. Ils ne font pas partis des photos.
La coulée verte voulue par Christian Estrosi, maire de Nice, a été inaugurée hier en grande pompe. Nice-Matin dans son édition du jour parle de Central Park niçois. Soit ils ne connaissent pas Central Park, soit c’est une moquerie.
L’attraction fût le miroir d’eau qui existe dans beaucoup de ville, et dont la dimension écologique m’échappe. Mais il sera sans doute très utile en été lorsqu’il fera très chaud.
Le reste est pour moi un miroir aux alouettes. Globalement il ne semble pas avoir plus d’arbres qu’avant, malgré les nombreux petits arbres plantés. Ce qui fait « masse » verte, existait déjà. Il faut se rappeler - ça n’est pas si vieux- qu’il y avait deux jardins magnifiques sur le parcours actuel de la coulée verte, et que les anciens jets d’eau (là ou il à les nouveaux jets et le mirroir d’eau) etaient déjà longés par de nombreux arbres sous lesquels les jeunes venaient discuter, jouer de la musique, lire. Des bambous et vivaces ont été sur-utilisés sur des zones réduites pour faire croire à une très grande végétation qui fait presque « jungle ». Sans doute pour faire les photos correspondantes aux simulations. Le point positif : avoir supprimé les verrues qu’étaient le parking et la gare routiere. Mais les remplacer par un tapis vert ne rendra pas le lieu agréable à vivre en été en plein soleil. Et combien de quantité d’eau faudra t-il pour garder ce gazon vert toute l’année ? On connait le désastre écologique que sont les golfs.
Pour finir, les mots d’Estrosi lors du discours d’inauguration dont Nice-Matin s’est fait l’écho : « N’en déplaise à certains, ce jardin n’est pas un camping et il ne le sera jamais. Il est protégé par des grilles. Il est surveillé par une brigade spéciale. Il dispose de caméras thermiques. Ce jardin est pour les Niçois et pas pour les autres. »
Alors que la notion d’espace-vert et de jardin est la plupart du temps associé à harmonie, partage, calme, …, le maire vient d’inventer le jardin sécuritaire et xénophobe. On est vraiment bien loin de Central Park.
Détournement suite à l’affaire de l’expulsion de la lycéenne Leonarda. Excessif ? Valls se vantent lui même d’expulser plus d’étrangers que ses prédécesseurs.
MAJ : depuis que j’ai écrit ces lignes, l’arrêt terminus du tramway a changé de nom. Il ne s’agit plus de Las Planas, mais Henri Sappia, plus cohérent, mais cela ne change pas le fait que je reste persuadé que le nom a été changé parcequ’il s’agissait d’un quartier populaire.
La ligne de tramway de Nice vient d’être rallongée de ... 450m pour un arrêt (un véritable exploit). Ligne d’Azur et la ville de Nice ont logiquement renommé la direction : anciennement Pont Michel, nouvellement Hopital Pasteur.
Mais fait troublant, ils ont en aussi profité pour renommer la direction Las Planas en Henri Sappia (un écrivain niçois du XIXè siècle) sans rajouter d’arrêt ni changer le nom des stations. En fait Henri Sappia ne correspond à aucun arrêt de tramway. Même les niçois ne savent pas où ça se trouve. La direction des métros ou des tramways correspondent en général aux noms des derniers arrêts dans chacune des directions. C’est finalement le plus simple et surtout le plus efficace, surtout quand on ne connait pas la ville. Mais pas à Nice où on fait toujours preuve d’inventivité.
Pourquoi un tel changement ?
On peut imaginer que Las Planas n’avait pas une connotation assez touristiques puisqu’il s’agit d’un quartier populaire de Nice tout comme le quartier Pasteur, mais qui affublé de Hopital lui redonne ses « lettres de noblesses ». Toutefois Pasteur + Las Planas, c’était sans doute un peu trop. « Garibaldi - Negresco », là oui ... ça aurait eu de la gueule. Hélas les transports en commun doivent servir les habitants pour se déplacer. Quel dommage.
Mais même pour Ligne d’Azur et la ville de Nice ce changement a eu suffisamment peu de sens pour que soit rajoutée en dessous de « Direction Henri Sappia » la mention « Destination Las Planas ». On croirait une blague. Mais non.
Une sacrée claque. Voir le travail de Keith Haring enfin en vrai et pas limité à ce qui est politiquement correct et repris par les marchands de goodies.
Une des chose qui m’a le plus intrigué, et pour cause, c’est que Keith Haring voient dans la technologie et les ordinateurs un danger. Je n’avais pas réalisé à quel point cette préoccupation est omniprésente. Et j’imagine une rencontre improbable entre lui et Alan Turing, père de science informatique, qui rêvait de construire un cerveau artificiel.
Des joueurs qui se battent sur le terrain, un joueur qui croit qu’un terrain de foot est un tatami pour pratiquer le kung fu, un directeur sportif qui se fait justice avec un comportement violent sur un arbitre ... Finalement ce soir c’était le plus bel hommage que les supporters du PSG pouvaient rendre au Paris St Quatar
Beaucoup de choses se sont passées et se passent encore, le pus simple est de suivre l’activité de l’Espace-Turing et de Kernel-Panic. Pour le reste, rdv sur facebook, le lieu où on étale sa vie en pensant qu’on se cache des autres :D