Après avoir rencontré pas mal de gentils policiers sur le campus Valrose (dont un qui jouait à la DS dans le monospace) à cause de la visite de la ministre, du député maire, etc. etc. etc. (l’université est devenue l’antenne de la permanence d’Estrosi), petit tour dans le vieux en rentrant du boulot pour voir si, comme pour les sommets précédents, la France avait mis les petits plats dans les grands, et casser les pieds pour la nième fois à tous les habitants du quartier.
C’est avec étonnement que le dispositif mis en place à la veille du sommet est très léger. Évidemment, on imagine qu’il y a ce qu’il faut où il faut, mais au moins, cette fois-ci, ils ont l’air d’avoir évité le cinoche qui ne sert à rien sauf à faire trembler le pecnot moyen. Mais on verra demain ce qu’il en est. Pravda-Matin annonce des galères.
Un policier m’a demandé de ne pas le prendre en photo. Assez prétentieux celui-là, car pas photogénique du tout. Il me parle de son droit à l’image (avait-il une exclusivité avec Loreal ?), alors je lui demande comment il allait faire demain quand des journalistes allaient peut-être le photographier. Pas de réponse. Je conclus en lui disant que je suis du quartier, et qu’à chaque fois, je viens faire des photos souvenirs. Ils nous doivent bien ça quand même.
En italie, ils font partie des tutti-bianchi, en France ce sont les invisibles. Et invisibles ils le sont aux yeux du premier cumulard de Nice. Depuis une semaine le collectif des sans-papiers CGT tente en vain de rencontrer le député-maire pour lui parler de la situation de ces travailleurs de l’ombre, qui se lèvent tôt et qui travaillent dur. Alors à l’occasion du dépôt de leurs dossiers en préfecture, ils ont décidé de venir voir Estrosi lors du conseil municipal pour se rappeler à son bon souvenir..
150 personnes ont répondu à l’appel pour l’Academic Pride sur Nice, personnels des EPST, de l’université et doctorants. Un certain succès donc, malgré la pluie, malgré les dégats des dernières élections universitaires (on a pu voir des pro-marouani et des pros-stephan côte à côte, comme quoi il y avait bien la place pour une alternative aux deux candidats pro-lru), malgré l’endormissement généralisé depuis le mouvement SLR il y a 4 ans. Ce réveil, même s’il n’est pas encore suffisant, doit nous encourager pour élargir le mouvement pour la défense des services publics de recherche et d’enseignement, de défense des salariés et des salaires.
Partis de la place Masséna, nous sommes remontés le long de Jean-Medecin pour rencontrer la population, pour finir à la fac des sciences, où nous avons pu interpeller le président d’Université sur la situation de crise que vivent les EPST, et la recherche française. Malgré plusieurs différences de point de vue sur la réalité de ce qui se tramait, sur les marges de manoeuvre (n’oublions pas que le Président de l’UNS est un pro-LRU) et sur l’articulation entre Université/EPST, il s’est engagé à soutenir des points revendicatifs précis du mouvement, mais pas le mouvement lui même.
A la fin de l’échange, il a été décidé de présenter une motion « inter-organisations » au prochain CA, CS et CEVU de l’UNS sur les dangers des réformes actuelles, et sur la réaffirmation de nos missions de service public.
Dans cette ville de Cannes qui vit au rythme du cinéma, des soirées VIP, des apparences et des faux semblants, ils sont ironiquement des centaines que « l’industrie canoise » veut absolument cacher : les travailleurs sans-papiers. Mais les « sans » ont décidé de passer à la lumière. Refus de continuer à vivre dans la peur, refus du chantage d’être dénoncé, ces travailleurs courageux ont organisé avec la CGT un rassemblement en plein Cannes à 200m du palais des festivals, pour dénoncer l’hypocrisie générale, et demander la régularisation de tous les sans-papiers.
On avait pris l’habitude de manifs de salariés sur Nice (toutes confondues) extrêmement ..., comment dire pour ne pas être blessant, ..., chiantes, tristes, et sans énergies.
Heureusement pour nous les lycéens sont en mouvement ainsi que les sans-papiers (prolongeant sur le département cette formidable lutte débutée avec la CGT en région parisienne il y a quelques semaines). Une manif où se sont mêlées deux de nos valeurs fondamentales : éducation et solidarité, qu’elle soit entre travailleurs français et immigrés, ou entre générations (ou entre lycéens et enseignants).
Ce sont les lycéens qui ont ouvert le cortège ; chants, slogans, musique, ... Très bonne ambiance, et je viens de réaliser, aucune embrouille entre organisations de jeunesse. Les sans-papiers (mais pas sans travail) ouvraient eux le cortège de la CGT au cris de « Régularisation de tous les sans papiers », ou encore « 1ere, 2ème, 3ème génération, nous sommes tous des enfants d’immigrés ». J’ai rarement vu les camarades comme je les ai vu aujourd’hui, avec des sourires un peu béat, au coté des sans papiers, comme s’il s’agissait de retrouvaille de famille. Sur leurs visages je pouvait lire : « on est heureux d’être ensemble ». Les enseignants de la FSU venus très nombreux, fermaient la marche.
Le 22 mai, on remet ça. Pourquoi ? Pour vous donner une petite idée supprimer un départ à la retraite sur deux, ça fait 54 000 postes dans l’éducation. Rapporté au département, ca faira 540 pour le 06. On voit mal comment les bahuts vont pouvoir s’en sortir. On pourrait parler de l’enseignement supérieur et de la recherche : le gouvernement veut du court terme et du rentable, et nous jette en pâture au privé. Une sorte de privatisation qui ne dit pas son nom. On pourrait aussi parler des hôpitaux ou de la justice qui déjà tellement asphyxiées.
Unions départemental CGT en pleine efferscence ce matin avant la manif de la fonction publique et des services spéciaux (photos de la manif disponible à cette adresse) On confectionne des pancartes contre la politique de Sarkozy. Tout à coup apparait « retour aux 40h » sur une vielle pancarte. Mais d’où sort ce slogan ? Après avoir bien ri, on cache le slogan. Pas de ça chez nous. On est pour les 35 h dans la maison :-)